Entre Venise et Rome, Denis Menchov a conquis de haute lutte le maillot rose tant convoité. Reconnu avant ce sacre comme un coureur régulier et consistant, le Russe a franchi un palier sur les routes italiennes. Retour en quatre points sur trois semaines qui ont tout changé.
Un ultime coup de chaud
Denis Menchov aurait pu tout perdre sur la chaussée romaine. Acculé en début d'étape par le départ en trombe de Danilo Di Luca, décidé à tenter le tout pour le tout sur cet ultime contre-la-montre, le Russe a su réagir et contenir les velléités du Killer. En retard au premier pointage intermédiaire, il a ensuite mis à profit les portions planes et rectilignes pour régler définitivement le cas de son adversaire mais alors qu'il semblait parti pour s'imposer aisément, Menchov s'est fait une ultime frayeur. Quelques deux cents mètres après la flamme rouge, il s'est ainsi affaissé de tout son poids. Glissant sur une route au pavé luisant, le double vainqueur de la Vuelta n'a sans doute même pas eu le temps de se faire peur. "Le premier mouvement, c'est de reprendre le vélo. Mais c'était trop risqué. Heureusement, le mécanicien, très professionnel, était déjà là avec une autre machine". A l'arrivée, son exultation contrastait avec son habituelle retenue. Heureux et soulagé d'en avoir fini, le protégé d'Erik Breukink a su gérer à la perfection ce moment critique qui aurait pu tout faire basculer.